Hollande en minorité à l’Eurogroupe : une France sans président ou le retour de Culbuto ?

Hollande souhaitait continuer les discussions : « Il faut être clair, l’accord c’est tout de suite ».

Mais de nombreux pays ne sont pas sur cette ligne. La Slovaquie, pays plus pauvre que la Grèce, refuse de payer pour ce pays où les retraites sont plus deux fois supérieures (380 euros par mois, contre 882 en Grèce).

L’Allemagne, et notamment son Ministre des Finances, refuse toute négociation avec Tsipras avant la tenue du référendum. Le pari est double : soit le « oui » gagne et Tsipras sera affaibli. Soit le « non » l’emporte et, au pire, la Grèce sortira de l’Euro, ce qui sera presque positif. Pour bien comprendre ce positionnement, il faut se rappeler que le ministre des Finances allemand était ministre de l’Intérieur dans le précédent gouvernement. On peut donc résumer son parcours par « la Loi et l’Ordre » avant la « croissance et le progrès »…

Hollande s’alarme d’un départ possible de la Grèce de la zone Euro et s’inquiète de l’entrée dans « une période de turbulence ou une période inconnue » en cas de référendum. Il réitère son appel à la négociation avant le référendum et maintient son positionnement de médiateur, de facilitateur. Mais François Hollande est clairement mis en minorité lors de l’eurogroupe : la négociation reprendra après le référendum. L’appel à voter « Non » de Tsipras n’apporte pas vraiment d’argument à la recherche de compromis d’Hollande…

Jusqu’à présent, Hollande n’avait jamais été mis en minorité au sein de l’Europe, même si les compromis n’ont pas été aussi favorables qu’espérés : refonte de la directive des travailleurs détachés, plan d’investissement de 300 milliards, union bancaire, moindre exigence sur la rapidité de la diminution du déficit…

Lorsqu’il sentait que le rapport de force n’était clairement pas favorable, il a fait profil bas. Le débat sur le conflit Franco-Allemand a été vite tranché : manque de crédibilité sur le déficit budgétaire, Europe majoritairement de droite…
Tout combat frontal face à l’Allemagne allait être perdu, autant ne pas le mener et se consacrer à arracher des compromis acceptables. Evidemment, le proverbe « Les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mène pas. » s’applique et les reproches à formuler François Hollande sont nombreux.

Faut-il anticiper un sursaut pour Hollande ou les ministères des Finances ont-ils déjà enterré Hollande avec ce camouflet ?

Le gouvernement prévoit, courant 2016, de s’atteler à plusieurs sujets européens : lutte contre le dumping fiscal et défense d’un programme de convergence sociale.
A plus court terme, en cas de victoire du « Non » en Grèce, il serait alors le seul en mesure de faire l’interface pour éviter une confrontation encore plus frontale qu’actuellement entre un Tsipras, conforté par le « Non » et une Allemagne qui se sent trahie par ce référendum en plein milieu d’une négociation. Le rôle de médiateur de François Hollande serait conforté et deviendrait précieux.

Loin d’être enterré, Hollande a, ainsi, l’occasion de prouver que le surnom de « culbuto » lui va si bien et qu’il retombe toujours sur ses pieds…
Mais il n’aura mérité son surnom que si, in fine, la Grèce reste dans l’Euro avec un rééchelonnement de sa dette, si la lutte contre le dumping fiscal est effective et si la convergence sociale progresse en Europe.
De bien nombreuses conditions…

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A propos Benoit Bloissere

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