Victoire de Tsipras : ne nous enflammons pas !

La victoire de la gauche radicale est belle et nette.

C’est la victoire de Tsipras, presque davantage que celle de Syriza. Car la personnalité de Tsipras a rassuré, lui a permis d’aller chercher des électeurs de gauche plus modérés et a contribué à l’échec du discours de la droite (Moi ou le chaos).

Néanmoins, Benjamin Sire rappelle certains faits dans un billet du jour sur la victoire de Tsipras, pour inciter les commentateurs français à la prudence. En particulier, selon l’auteur, « Jean-Luc Mélenchon et consorts doivent s’enlèver le doigt qu’il se sont profondément enfoncé dans l’œil« .

Les faits rappelés dans le billet sont multiples.

Athènes n’est pas la France. Le PIB s’est considérablement réduit en Grèce sous l’effet d’une très forte austérité, tandis qu’en France, les dépenses publiques ne diminuent que légèrement. Autre différence essentielle avec la France : Tsipras est l’anti-Mélenchon. Tsipras est radical, mais recherche le compromis et à élargir sa base électorale.

L’emballement sur les résultats est très fort. Le « Je suis Charlie » ne tiendra pas nécessairement très longtemps. De même, la victoire de Tsipras se confrontera très vite à des difficiles négociations. Les changements ne seront pas aussi importants que promis.

Ce texte rappelle l’importance de la démocratie. Mais information importante, les résultats électoraux sont restés étonnamment stables si l’on analyse par bloc. Le tableau comparatif des résultats en voix le confirme.

Les comparaisons en siège sont trompeuses, du fait du système électoral grec.

Comparaison en voix des législatives de 2012 et 2015

  2015 2012
Aube Dorée 6,3 6,9
La Rivière 6,1  
Communiste 5,5 4,5
Grecs indépendants 4,8 7,5
Tsipras 36,3 26,9
Dimar   6,2
ND 27,7 29,7
Pasok 4,7 12,7
  91,4 94,4
Autres partis (*) 8,6 5,6
(*) : Moins de 3 %  

comparaison en voix des législatives 2012 et 2015 (fichier Excel).

 

Les résultats sont très stables. La victoire de Tsipras est, surtout, une victoire au sein de son camp : défaite totale du Pasok, baisse de l’éparpillement des voix des petits partis.

La Rivière obtient un score étonnamment proche de celui du Parti Dimar.

Ces résultats montrent que Tsipras a fait le plein de voix à Gauche. Si les conclusions des négociations ne s’avéraient pas aussi positives qu’espérées, les déceptions pourraient être nombreuses.

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A propos Benoit Bloissere

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Un commentaire pour Victoire de Tsipras : ne nous enflammons pas !

  1. Effectivement, la négociation commence :
    “The deliberation with our European partners has just begun,” Tsipras said. “Despite the fact that there are differences in perspective, I am absolutely confident that we will soon manage to reach a mutually beneficial agreement, both for Greece and for Europe as a whole.”

    “We need time to breathe and create our own medium-term recovery program, which amongst other things will incorporate the targets of primary balanced budgets and radical reforms to address the issues of tax evasion, corruption and clientelistic policies,” he said.

    Tsipras annonce, donc,
    1) qu’il accepte l’objectif d’un budget équilibré.
    2) qu’il ne prendra aucune mesure unilatérale sur la dette.

    mais dans le même temps,
    1) il refuse de négocier avec la Troïka, considérant qu’il ne s’agit pas d’une institution légitime (même le Parlement européen est d’accord sur ce point – http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/03/14/pour-le-parlement-europeen-la-troika-n-est-pas-democratique_4383044_4350146.html)
    2) les réformes structurelles que Tsipras souhaite faire sont pas celles du gouvernement de la droite grecque : lutte contre la fraude fiscale, lutte contre la corruption et contre le clientélisme. Mais, effectivement ces mesures sont nécessaires à la croissance. La Troïka souhaitait, également, des réformes dans cette direction, mais sans vraiment insister…

    Pendant ce temps, Michel Sapin, dans une interview à Libération rappelle que « l’annulation est une aberration, la renégociation est sur la table. »

    Seule l’Allemagne affirme et réaffirme son « Nein ». Mais, même cette position commence à se fissurer en interne avec Joschka Fischer, très respecté ancien ministre des affaires étrangères.

    Merkel peut dire « Nein », autant qu’elle veut, elle n’est plus majoritaire dans cette Union Européenne.

    La négociation commence, la négociation aboutira.

    source :
    http://www.bbc.com/news/world-europe-31075767
    http://www.liberation.fr/economie/2015/01/26/athenes-qui-renoue-avec-la-croissance-doit-etre-aide_1189336
    http://www.todayszaman.com/op-ed_a-greek-burial-for-german-austerity_371314.html

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