Une action de la BCE contre la déflation, pas pour la croissance

Les articles de presse indiquent souvent que l’action de la BCE, décidée ce jour, vise à relancer la croissance. C’est erronée.

Du point de vue de la Banque Centrale et des conservateurs allemands, la croissance n’a pas besoin d’être relancée, puisqu’elle augmente progressivement.

Cette action ne vise qu’à permettre à la BCE d’assurer son unique rôle : la stabilité des prix, avec une inflation cible de 2 %. C’est malheureux, mais c’est en ligne avec les traités.

Cette action est-elle trop tardive, comme l’affirment deux économistes dans Libération ? Oui, si on croit que cette action vise à relancer l’économie. Mais, comme cette action ne vise qu’à jouer sur les prix, ce n’est pas, nécessairement, trop tard. Toute personne espérant une hausse de la croissance suite à cette mesure risque d’être fort déçue.

Mais, cette mesure était absolument nécessaire, tant pour baisser les taux d’intérêt sur les dettes souveraines, que pour éviter une baisse des prix.

La dette publique est de 9 300 milliards d’euros pour les 19 pays de la zone Euro.

Le Quantitave Easing (QE) ou création monétaire sera de 1140 milliards pour acheter de la dette publique. Plus de 10 % de la dette publique sera acheté sur le marché secondaire.

Le marché financier exige des titres publics en fonction de leur qualité : les taux d’intérêts des titres allemands sont ainsi très faibles, contrairement aux taux d’intérêt sur les titres grecs qui sont plus élevés.

Dans le cadre de ce QE, les achats de dette publique seront équitablement répartis. Chaque Etat aura donc un marché minimal pour lui racheter sa dette.

Ce QE est donc un mécanisme de rapprochement des taux d’intérêt de dette publique entre les différents états membres, au bénéfice des pays les plus en difficulté.

Ainsi, « les taux des obligations souveraines vont être tirés vers le bas » confirme Guntram B. Wolff, directeur de l’influent think tank bruxellois Bruegel. Cela entraîne un double effet positif : moins de charges d’intérêts pour les états et donc davantage de marge de manœuvre et, également, une substitution vers des emprunts plus rémunérateurs, plus risqués, comme auprès des PME ou des start-ups.

Chaque Banque Centrale nationale achètera des titres de son propre pays. C’est un coup politique pour réduire les  volontés de défaut, puisqu’un pays faisant défaut sur sa dette publique verra le bilan de sa propre banque centrale se réduire.

Le choix que chaque BCN achète les titres de son propre pays est, surtout, un gage politique qui permet à l’Allemagne de ne pas perdre complètement la face. L’Allemagne a été  minoritaire sur ce coup. Heureusement, elle a perdu. On pouvait bien laisser à Merkel cet artifice pour rester digne…

Cette mesure était la meilleure chose possible, étant donné les rapports de force du moment (droite majoritaire, traité…)

Mais d’autres mesures sont possibles en respectant le traité de Lisbonne.
De plus, les traités existent pour être modifiés…

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A propos Benoit Bloissere

Mon compte twitter : https://twitter.com/ben_economics
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