Harlem Désir, en accord avec Syriza ?

« il faut continuer les réformes pour désendetter« selon Harlem Désir. Harlem Désir est Secrétaire d’État aux Affaires européennes.

Harlem Désir

Cette phrase peut avoir plusieurs significations. La première signification est l’ordre de priorité. De ce point de vue, le discours est différent de celui porté par la Commission. Pour Pierre Moscovici, il faut « soutenir les réformes favorables à la croissance ». Ici, la croissance est l’objectif, la diminution d’un endettement étant une contrainte.

La formulation d’Harlem Désir présente le désendettement comme une fin en soi. Il s’agit, peut-être, d’une maladresse. Dans ce cas, quelle erreur de formulation ! Ou alors, il est d’accord avec Syriza ? Car quelle meilleure « réforme pour désendetter » que le défaut de paiement ?

La Grèce a, largement, entamé les réformes structurelles favorable à la croissance. Il a même été question d’une sortie de la Grèce de la tutelle de la Troïka en cette fin d’année 2014. Cela ne s’est pas produit en raison d’un budget 2015 basé sur des hypothèses trop optimistes selon le FMI.

Elle devra continuer ses réformes structurelles. Mais, le temps est venu de la restructuration financière. Syriza doit gagner.

Même avec une victoire de Tsamaras, l’Europe devra accepter une nouvelle restructuration de la dette grecque. En effet, une restructuration de la dette peut être favorable à la croissance.

En Espagne, les réformes structurelles ont eu lieu. Elles permettent un retour de la croissance et une diminution du chômage. Il est, maintenant, temps de s’attaquer aux inégalités et au problème du surendettement privé dans ce pays. « The Spanish private sector needs a debt restructuring as badly as the Greek public sector » selon Wolfgang Münchau (éditorialiste au Financial Times). En limitant les remboursements, la consommation pourrait redémarrer.

Pour la France ou l’Italie, les réformes structurelles n’ont pas encore vraiment commencé. Une restructuration financière de l’endettement est trop précoce. En effet, pourquoi restructurer si les erreurs recommencent et que la croissance ne peut arriver ?

Après la crise, la Commission Européenne avait commis une erreur en Grèce : exiger la baisse des déficits avant d’entamer les réformes structurelles nécessaires au redémarrage de l’économie.

L’ordre doit être le suivant : réformes structurelles, puis diminution du déficit et enfin, la restructuration de la dette pour corriger les inégalités.

De son côté, la Commission européenne doit doubler le plan de relance, puisqu’il manque 700 milliards d’investissement. La relance keynésienne doit se faire au niveau européen.

La Commission Européenne doit accélérer sa lutte contre la fraude fiscale.

Syriza doit gagner. Podemos doit gagner. La Commission Européenne doit être flexible. Evidemment, Syriza ne doit pas surestimer les risques d’un défaut total et privilégier un défaut partiel.

François Hollande doit continuer le travail de réformes. Il doit, même, les accélérer et les mesures contenues dans la loi Macron sont justifiées.

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A propos Benoit Bloissere

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