Suspension de l’aide à la Grèce : Le refus du compromis viendra-t’il de la Troïka ?

Un versement du FMI à la Grèce a été suspendue. La Grèce n’a pas un besoin de financement immédiat, il ne s’agit nullement d’une punition à court terme pour ne pas avoir élu le candidat « officiel » de la Troïka.

Comme le besoin de financement n’est pas urgent, il peut attendre et il est logique de ne pas prolonger une discussion avec un gouvernement qui n’existera plus dans un mois. L’objectif est, également, d’avoir un moyen de pression supplémentaire dans les discussions avec le futur gouvernement pour qu’il ne reparte pas dans les travers du passé. Cela ne mérite pas certaines attaques lues sur Twitter où le mot « chantage » revient souvent.

Néanmoins, ce choix pose deux problèmes. Le premier est une grave faute de communication politique. La concomitance avec la venue de Pierre Moscovici donne une désagréable impression de vouloir forcer la main aux électeurs Grecs. Dès aujourd’hui, la Commission européenne appelle les électeurs à soutenir les réformes favorables à la croissance. Finalement, le meilleur moyen de faire progresser Syriza dans les urnes.

Mais, le vrai problème est ailleurs et bien plus embêtant, car les premiers éléments augurent mal d’un compromis positif entre le futur gouvernement et la Troïka.

Comme l’explique Jean Quatremer, Syriza aura peu de marge de manœuvre et Tsipras le sait. Son programme n’est pas aussi révolutionnaire que ses discours au plus fort de la crise. Il cherchera le compromis et « Syriza est, sans aucun doute, prêt à exercer le pouvoir sur le plan économique ». Alexis Tsipras n’est pas Jean-Luc Mélenchon. La proximité idéologique les rapproche, le pragmatisme les différencie totalement.

S’il s’avérait que la décision du FMI préfigurait un choix politique de la Troîka de refus du compromis avec une ligne de type « There is no alternative », la situation pourrait vraiment dégénérer.

L’Allemagne, via son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, a déclaré : « Les difficiles réformes sont sans aucune alternative. (…) Les nouvelles élections ne changent rien aux accords passés avec le gouvernement grec ». Un tel refus du compromis est, peut-être, plus un message à destination de la Commission européenne pour que cette dernière conserve la ligne de l’austérité. Cela ne préfigure donc, peut-être, en rien de la position de la Commission.

Mais ci cela devait être la ligne officielle de la Commission Européenne, cela serait la première grave faute de Jean-Claude Juncker.

Car l’échec de Syriza serait la victoire d’Aube Dorée…

Ceci dit, le FMI a fait une grave erreur économique et politique en ce mois de décembre 2014, mais en Ukraine : le vote du budget à l’Ukraine prévoit une forte baisse des dépenses sociales.

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A propos Benoit Bloissere

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