Négociation, compromis et fermeté : l’exemple d’Air France

Les pilotes d’Air France arrêtent de faire grève et la compagnie Low Cost Transavia France sera bien créée.

Le gouvernement a eu une très bonne stratégie de fermeté, tant vis-à-vis de la Direction d’Air France, que vis-à-vis des syndicats de pilotes. Cette stratégie de fermeté a eu lieu en deux temps. Elle s’est accompagnée de la recherche d’un compromis avec le retrait de Transavia Europe, compensé par le fait qu’il n’y aura pas de contrat de travail unique entre Transavia France et Air France.

La grève coulera-t’elle Air France ?

Mercredi :
Fermeté face à la direction
pour les inciter à abandonner Transavia Europe le plus rapidement possible :
« La proposition de la direction de suspendre le projet Transavia Europe n’a pas suffi à arrêter la grève, au contraire le mouvement s’est radicalisé. Nous prenons donc acte que le projet est retiré », par le Secrétaire d’Etat au transport.

La direction d’Air France n’annonçait qu’une suspension du projet Transavia Europe. Ainsi, le gouvernement a forcé la main de la Direction d’Air France : le projet Transavia Europe est stoppé.

Vendredi :
Fermeté face au syndicat
avec le refus de nommer un médiateur :
« Les médiations sont utiles lorsque le dialogue social n’a pas lieu; dans le cas d’Air France, il a eu lieu. Depuis 12 jours la négociation a été intense, des avancées ont été faites par la direction. La négociation est maintenant arrivée à son terme. Une solution de sortie du conflit est sur la table, aux pilotes de s’en saisir. Il n’y a pas lieu de relancer une nouvelle négociation avec un médiateur. Chacun est maintenant face à ses responsabilités. » dans une déclaration à l’AFP par le Cabinet du Premier ministre Manuel Valls.

Fin de la discussion, Transavia France sera bien créée et il n’y aura pas de contrat de travail unique entre Transavia France et Air France.

Air France restera-t’elle attirante pour les clients malgré cette longue grève ?

On peut tirer de cette grève des conclusions plus générales.

La négociation ne doit, absolument, pas empêcher la fermeté lorsqu’un compromis est trouvé. Le gouvernement devra s’en souvenir : continuer la négociation, le compromis pour que chacun trouve son compte aux réformes et ne soit pas trop pénalisé. Etre ferme lorsque la négociation a abouti.

Cette grève fut trop longue. Il a fallu près de 10 jours de grève pour que la Direction consente à abandonner Transavia Europe. Il a fallu 4 jours de pression et de fermeté de la Direction et du gouvernement pour que les pilotes cessent leur grève après l’abandon de Transavia Europe.

Surtout, cette grève n’aurait pas du se produire dans une entreprise au fonctionnement apaisé : une discussion aurait du avoir lieu. La compagnie n’aurait pas du proposer Transavia Europe. Les syndicats de pilote auraient du accepté l’abandon du contrat de travail unique pour ne pas mettre en danger la compagnie. Mais, existe-t’il en France des entreprises au fonctionnement apaisé, tant le dialogue social est structurellement limité en France ?

Le Gouvernement doit, encore et toujours, faire le pari de la négociation pour corriger ce manque de discussion entre le patronat et les syndicats. Le gouvernement a eu raison de valider l’ANI de janvier 2013, qui donne davantage de poids à la négociation dans les entreprises en difficulté. Le gouvernement a eu raison de laisser sa chance au dialogue social pour réformer l’Unedic, permettant ainsi la mise en place des droits rechargeables pour les chômeurs. Le pari du pacte de responsabilité est aussi celui-là : les négociations dans les branches d’activité permettront d’accroître le dialogue social, évitant d’avoir un patronat seul à décider et des syndicats en opposants inutiles.
Continuer la négociation en France, c’est la bonne méthode pour réformer la France, sans pénaliser les plus pauvres.
Privilégier la négociation dans les entreprises et dans les branches d’activité, c’est la seule solution pour permettre à celles-ci d’avoir la flexibilité nécessaire, sans pour autant abandonner un droit du travail protecteur.

Mais cette négociation ne doit pas se faire sans une présence forte du gouvernement, pour faire preuve de fermeté face aux jusqu’au-boutistes, que ces derniers s’appellent « Gattaz », « Sud Rail », ou « SNPL »…

Sources :

Refus d’un médiateur

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20140926trib000850740/air-france-les-pilotes-exigent-un-mediateur-valls-refuse.html

La filiale Transavia Europe doit être abandonnée et non reportée

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/20140924trib000850311/air-france-cafouillage-sur-l-abandon-du-projet-transavia-europe.html

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A propos Benoit Bloissere

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