2014 – 2019 : Le renouveau Européen ?

Depuis l’élargissement, l’Europe est immobile. La crise Grecque a même failli conduire à la dislocation de la zone Euro avec de nombreuses interrogations sur la sortie de ce pays de la monnaie unique. Les deux phénomènes sont liés : l’Europe est totalement imparfaite. Arrêter de la changer, c’est la mettre en danger. L’Europe est comme un monocycle : si elle n’avance pas vers davantage de progrès, elle tombe.

De 2002 à 2013, l’inertie européenne…

Faisons un petit retour en arrière.Le 22 avril 2011, la France annonce sa volonté de suspendre les accords de Schengen. Cette annonce fait suite aux choix italiens de délivrer des laissez-passer aux migrants tunisiens de Lampedusa. Avec cette politique, l’Italie permet aux tunisiens de se déplacer sur l’ensemble du territoire européen et ne pas concentrer tous les migrants en Italie.

L’Italie a donc fait un choix unilatéral de profiter des règles européennes. Mais l’absence de concertation telle que pratiquée par l’Italie est la suite logique de l’inertie européenne sur cette migration : « ce sont vos migrants, démerdez-vous ». Ah vous voulez que je m’en occupe « tenez chers tunisiens voila des papiers, vous allez pouvoir aller partout en Europe, et particulièrement en France ». Et la France de dire « ah des tunisiens, au secours, il faut sortir de Schengen et rétablir les contrôles aux frontières ».

Prenons l’économique : « l’inertie de l’Europe », c’est l’absence d’une politique monétaire, d’une politique de taux de change et d’une politique industrielle.  « Les décisions unilatérales », ce sont évidemment la politique de rigueur salariale allemande, la politique de dumping fiscale irlandaise, les opt out (régime dérogatoire pour ne pas appliquer un texte européen) sur le temps de travail pour conserver une forme de compétitivité par les anglais.

Depuis 2013, l’Europe connaît de nouvelles avancées minimes

Depuis, fin 2013, la directive sur les travailleurs détachés, l’Union Bancaire, les élections du Parlement Européen avec des candidats à la Commission Européenne bien identifiées, un accord sur une taxe sur les transactions financières. Ce sont des avancées légères : la taxe sur les transactions financières est réduite, l’Union Bancaire va se mettre en place au fur et à mesure, la directive sur les travailleurs détachés ne vise qu’à lutter contre les abus et ne met pas en place d’harmonisations sur les cotisations sociales. Enfin, rien n’assure que le prochain président de la Commission Européenne sera l’un des candidats identifiés. En 6 mois, des avancés minimes, mais des avancées. L’Europe ne fait pas du surplace, l’Europe bouge, l’Europe avance.

De 2014 à 2019 : un nouveau cycle d’intégration au bénéfice des Européens ?

Quelles seraient les prochaines étapes ? Un compromis entre les conservateurs et les sociaux-démocrates sera quasiment obligatoire pour nommer le prochain président de la Commission Européenne.

Les sociaux-démocrates ont mis 3 conditions : une meilleure lutte contre la fraude fiscale, une coordination des politiques migratoires et un meilleur financement pour les PME.

La mise en place d’un SMIC Européen semble avoir l’accord des conservateurs et des sociaux-démocrates et ne fait plus débat.

En y ajoutant une Europe de l’énergie qui pourrait avoir le soutien des écologistes et des libéraux, on arriverait à 5 avancées fortes pour l’Europe. Ces avancées ne seraient pas uniquement positives pour l’Europe, elles seraient surtout favorables aux Européens. Le retour de l’Europe, comme initiateur d’un modèle de société bénéfique à tous ?

Les Anglais ont-il perdu ?

La question n’est pas de savoir s’il faut plus d’Europe, moins d’Europe ou mieux d’Europe, il faut juste de l’Europe. Il faut de l’Europe pour mettre en place une fiscalité européenne sur les capitaux, le carbone ou les plus hauts revenus, il faut de l’Europe pour investir ou aider les pays à rembourser la dette issue de la crise, il faut de l’Europe pour améliorer le contrôle démocratique.

L’Europe sera de Gauche et démocratique ou ne sera pas. C’est pour ça que les conservateurs Anglais sont contre l’Europe telle qu’elle va se construire dans les prochaines années et que Juncker est l’horreur absolu pour eux (mais que Martin Shulz serait bien pire). C’est pour ça que l’Angleterre doit sortir de l’Europe, car ils vont perdre : l’Europe va changer.

 

Mis à jour d’un article publié le 26 avril 2011 :

http://www.sauvonsleurope.eu/l%e2%80%99europe-se-meurt-ne-perdons-pas-encore-espoir%e2%80%a6/

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A propos Benoit Bloissere

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